mercredi 14 juillet 2010

Bolivie 2008 (9/10) - Tentative au Parinacota 6342m.

Vendredi 22 août.
Nous partons en 4x4 dans la plaine vers le camp de base du Parinacota.
Arrivés au parking il ne nous reste plus que deux heures de marche pour arriver au camp de base vers 5000m, unique camp pour l’ascension du Parinacota.


Ce camp est étonnant, il est installé sur un champ de sable volcanique, parsemé de gros rochers noirs ou bruns. Pas une goutte d’eau ne coule ici et les porteurs ont donc amené toute la réserve pour 2 jours.
Un grand groupe de français est également présent.


Samedi 23 août.Le vent souffle toute la soirée et tout le début de la nuit jusqu’à notre désormais traditionnel lever à 1h.
Les français nous ont précédés mais à deux nous rattrapons et dépassons rapidement leurs cordées.
Nous arrivons à un large col très proche de la frontière chilienne et prenons à gauche vers le sommet. Le vent a encore forci, Hugo me demande si ça va, je lui réponds oui et nous continuons, je lui demande franchement si avec un vent pareil nous avons une chance d’aller jusqu’au bout, il est hésitant mais je sens bien qu’il ne veut pas me répondre non.
Nouvel arrêt, il me redemande si je suis toujours d’accord pour continuer, nous ne sommes pas encore sur le glacier et je vois bien qu’il se prend toute la poussière dans les yeux, de mon côté j’ai pris mon masque de ski et je suis moins gêné. Je comprends qu’il ne veut pas décider de faire demi-tour sans que je lui demande, la situation est un peu délicate mais pas limite, donc pour moi on continue.
Vers 5800m, nouvelle pause, les bourrasques deviennent dangereuses pour l’équilibre, nous décidons de nous abriter sous des rochers. Plus bas nous apercevons les cordées françaises, ça à l’air d’être un peu la panique, nous voyons les lumières des frontales dans tous les sens, en plus ils ne doivent plus voir les nôtres, ça ne doit pas les rassurer.
De temps en temps je passe un bras au dessus des rochers, le vent me le rabat violemment. « D’accord Hugo, on descend », il serait étonnant que ça se calme.
Les premiers pas dans la descente sont délicats, le vent s’engouffre dans notre sac à dos, ce que nous ne ressentions pas à la montée, l’équilibre est parfois précaire.
Nous arrivons à la hauteur des français, leurs guides boliviens ont le même pronostic qu’Hugo mais d’irréductibles gaulois veulent continuer, nous prenons donc dans notre cordée une française qui en a marre de se faire chahuter par les éléments.
Nous sommes de retour au camp, nous nous engouffrons dans nos tentes, le soleil n’est même pas encore levé.
Toutes les cordées redescendent, aucune réussite aujourd'hui.
Grasse matinée sous la tente, démontage du camp, il est dommage de ne pas pouvoir faire une autre tentative demain, mais nous n’avons pas assez d’eau et je suis un peu pressé par le temps et mon vol de retour.

Dans ma trilogie andine, Equateur, Bolivie, Pérou, sur 11 sommets de plus de 5000m tentés ce sera mon seul échec.

Retour à Sajama.

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